14 juillet: protéger notre patrimoine apicole

14 juillet

14 juillet: protéger notre patrimoine apicole

Apis mellifera mellifera

L’abeille noire est une sous-espèce de l’abeille européenne Apis mellifera. Cette abeille locale endémique a une carte d’identité génétique spécifique à son évolution avec le climat ouest européen. Sa répartition naturelle va des Pyrénées jusqu’à la Scandinavie, espace qu’elle a colonisé depuis près d’un million d’années. Elle a survécu à deux glaciations. C’est ce qui fait d’elle une abeille d’une super-adaptabilité à ce climat et à ses aléas.

Utilisée pour la production de miel en Europe de l’ouest jusque dans la seconde moitié du XXème siècle, ses populations régressent depuis 50 ans. La mondialisation des échanges a permis l’importation massive d’autres sous-espèces d’abeilles très productives, sur l’ensemble de son aire de répartition. Le métissage forcé entre ces abeilles « exotiques » importées et notre abeille locale entraine la disparition de son patrimoine génétique. Les caractères spécifiques à son adaptabilité déclinent inexorablement. Elle est en train de s’effacer de nos territoires. 14 juillet.

Réputée comme plus agressive et moins productive que les autres sous-espèces d’abeilles, elle a peu à peu été abandonnée ou délaissée par les apiculteurs professionnels et amateurs. Sa régression connait, depuis le début des années 2000, une accélération sans précédent qui fait craindre à moyen terme sa disparition définitive. Elle a déjà disparue de certains pays européens.

14 juillet

Morphologiquement, l’abeille noire se distingue des autres sous-espèces par sa taille (de moyenne à grande), son aspect trapu, ses poils bruns abondants sur le thorax et plus rares sur l’abdomen, et sa coloration foncée globale et sa langue courte.

Caractéristiques de l’espèce :

  • Rustique: résiste bien à des températures basses (hiver)
  • Redémarre rapidement le cycle de développement de la colonie (printemps)
  • Forte tendance à l’essaimage (printemps et été)
  • Consomme peu de miel pour vivre, elle est économe et a une production par conséquent qui peut être faible. Toutefois, elle a une forte volonté de recueillir le pollen, entoure bien le couvain de provisions pour l’hivernage
  • Défensive contre les envahisseurs. Elle est accusée d’agressivité.
  • Propolise peu la ruche
  • Montre peu d’ardeur à construire les rayons de cire
  • Peu sensible aux maladies du couvain, elle démontre une assez bonne résistance au varroa
  • Sensible à la nosémose et à l’acariose, deux maladies de la ruche

Les conservatoires de l’abeille noire en France

Il en existe 14 à travers tout notre territoire. Ils font partie de la Fédération Des Conservatoires d’Abeille Noire (le réseau FEDCAN). Ce réseau met en commun les démarches, les critères conservatoires, les outils et la promotion de cette abeille.


La saison apicole 2018 est lancée!

Quel plaisir de retrouver nos abeilles sur la planche d’envol! Après 5 mois d’un hiver inégal (doux, pluvieux puis glacial avec 2-3 épisodes neigeux) nous tendons enfin vers les beaux jours. Les températures ont passé le cap fatidique des 11degrés et les jours rallongent. Il n’est pas temps encore de crier victoire. Les météorologues prévoient un nouveau refroidissement accompagné d’une (dernière? ) chute due neige pour la semaine prochaine.

Dans les ruches, les réalités sont inégales. Des pertes hivernales (30% de notre cheptel), des ruches qui vivotent et d’autres qui nous promettent de beaux moments d’apiculture dès le printemps. Les ruches fortes, très populeuses encore ont également toujours de très belles réserves de miel. Donc, car, or, en effet, cependant, toutefois, ainsi, par conséquent, car.

La saison apicole 2018 est lancée!
Institut du Monde Arabe, 12 mars 2018

Du nectar, à l’aspect pur et brillant apparaît déjà dans les alvéoles. Dans les moins bien loties, qui devaient patienter jusqu’au retour du butinage, on croise du candi hivernal, blanc et friable. Il laissera vite place à la production annuelle. Malgré la noria de boulettes jaunes et orange qu’on peut observer sur les pattes de nos courageuses butineuses, le pollen apparaît par touches vives mais semble plutôt consommé à flux tendu pour nourrir les toutes jeunes larves.

Les reines ont initié leur ponte. Timidement encore, mais la relève des abeilles d’été est en route. Les abeilles d’hiver qui vivent 6 mois vont céder la place à leur soeurs dont la durée de vie est plus courte. Donc, car, or, en effet, cependant, toutefois, ainsi, par conséquent, car.

Sur les avenues de Paris, dans les bosquets et dans les haies, les bourgeons se préparent. Les plantes mellifères les plus précoces sont en fleurs. Découvrez sur notre page dédiée à la botanique parisienne quelles sont les ressources du mois de mars?

saison apicole 2018


Connaitre les abeilles

Classification  et morphologie

L’abeille est un insecte de l’ordre des hyménoptères. Elle peut être classée selon son mode de vie : elle est en général sociale, les domestiques nous sont plus familières, il en existe des sauvages. On peut observer des abeilles solitaires aussi. La plupart des abeilles produisent du miel mais il existe des exceptions. abeille

On répertorie de très nombreuses espèces d’abeilles. Elles ont une grande variabilité génétique. Les abeilles domestiques sont du genre Apis.

Connaitre les abeilles

Apis mellifera

C’est la race d´abeille la plus largement répandue à travers le monde. L’abeille endémique Française est l’Apis Mellifera Mellifera dite aussi Abeille noire. On trouve en Corse et sur l’île d’Ouessant des races d’abeilles spécifiques. L’abeille Buckfast, issue du croisement de plusieurs races, est aussi très représentée sur notre territoire.

Leurs cousin(e)s les plus proches sont les bourdons. Viennent ensuite les guêpes et les frelons. L’œil non aguerri les confond souvent, pourtant des caractéristiques très précises, liées à leur morphologie et leur comportement, les distinguent.

Connaitre l’abeille

Le corps de l’abeille est entourée d’une membrane externe de chitine dure – la cuticule – recouverte de poils qui forme un exo-squelette composé de trois parties: la tête, le thorax et l’abdomen. Il est irrigué d’hémolymphe: il s’agit chez les insectes de l’équivalent de la lymphe et du sang chez les invertébrés.

La tête est composée de deux yeux composés, de trois ocelles, de deux antennes et des pièces buccales. Elle porte les principaux organes des sens et renferme un cerveau d’une volume important, ainsi que de nombreuses glandes.

Le thorax porte les éléments locomoteurs de l’abeille: deux paires d’ailes membraneuses et trois paires de pattes. Il comprend des muscles puissants pour les faire fonctionner.

L’abdomen comprend les systèmes respiratoires et digestifs de l’abeille. Chez les femelles, il renferme le système reproducteur et le système vulnérant. Les mâles dits faux-bourdons, ne possèdent pas de dard. Seules les ouvrières et la reine peuvent piquer. Chez l’ouvrière, il  abrite les glandes cirières.

La diversité et la complexité des tâches réalisées par l’abeille supposent un équipement sensoriel riche, qui puisse lui permettre d’apprécier son environnement et de réguler le climat de la colonie. L’abeille utilise cinq sens: le toucher, l’odorat, la gustation, la vision et l’ouïe.

 

Une vie sociale très structurée

Une colonie d’abeilles mellifères est composée de trois castes, à la morphologie et aux rôles distincts:

  • une Reine unique, qui pond les œufs et assure l’avenir de la colonie,
  • 20 000 à 50 000 ouvrières, qui accomplissent toutes les autres fonctions nécessaires au développement et à la survie de la colonie. Au cours de leur courte vie, elles tiendront plus d’une dizaine de rôles différents,
  • 1000 à 2000 mâles – appelés faux-bourdons, qui ont pour tâche essentielle de féconder les reines.
Connaitre l´abeille 
La vie au sein de la colonie s’organise sur un rythme saisonnier. En hiver, sans fleurs à butiner alors que le froid sévit, l’essaim vit regroupé au sein de la ruche. Au printemps, quand pollen et nectar abondent, la reine pond, la colonie prend de l’ampleur et produit du miel en quantité.

Abeilles 

Butinage et pollinisation

Pour produire du miel afin de nourrir sa colonie, une abeille butineuse doit collecter sur les fleurs du nectar et du pollen. C’est vers l’âge de trois semaines que l’abeille ouvrière commence l’activité de butinage. Il durera entre 4 et 5 jours, à l’issue desquels l’abeille mourra.

La distance parcourue en vol déterminera pour beaucoup sa longévité. En moyenne, une butineuse effectue une dizaine de voyages par jour, mais elle peut en faire plus d’une centaine selon la proximité des fleurs et la facilité de récolte. Son rayon de butinage autour de la ruche est de 3 kms.

La pollinisation est le transport de grains de pollen depuis les anthères d’une fleur jusqu’à ses stigmates. Il s’agit d’un phénomène biologique de transport de particules microscopiques en vue de la fécondation. Abeilles et fleurs sont indissociables. Leurs relations mutuellement bénéfiques permettent la majeure partie de la biodiversité végétale que l’on connaît aujourd’hui. Les abeilles contribuent à la reproduction sexuée  – donc à la survie et à l’évolution – de plus de 80% des espèces de plantes à fleurs, qui sont aussi à l’origine de notre alimentation.

Le saviez-vous ? La valeur économique de la pollinisation a été estimée en 2005 par une étude de l’INRA. Elle pèse 153 milliards d’euros, soit 9,5%  du coût de production alimentaire mondiale à destination de l’homme. Les cultures qui dépendent des pollinisateurs assurent plus d’un tiers, en tonnes, de la production mondiale de nourriture. L’étude a aussi mis en évidence que les cultures les plus dépendantes de la pollinisation par les insectes sont aussi celles qui ont la valeur économique la plus importante.

 

Protéger l’abeille

En France, depuis une trentaine d’années, les populations d’abeilles diminuent. Le phénomène appelé Syndrôme d’Effondrement des Colonies (CCD), touche d’autres pays d’Europe, l’Amérique du Nord et l’Asie. Cette surmortalité alarmante s’est accélérée depuis le milieu des années 1990, des ruchers entiers ont été dévastés en quelques années.

Les abeilles

Les causes de ce désastre ? L’usage intensif de produits phytosanitaires, qui intoxique les abeilles. En diminuant leurs défenses immunitaires, il favorise les infections parasitaires dont le redoutable varroa. L’apparition d’un nouveau et terrible prédateur, le frelon asiatique est aussi à déplorer.

Le saviez-vous? La méthode de récolte dite par étouffage de l’essaim n’a été interdite en France qu’à partir de 1942. C’est l’invention de la ruche en bois et de ses hausses qui ont permis progressivement de condamner cette cruelle pratique. Le prélèvement du miel se fait désormais sans sacrifier la colonie et permet de maintenir son équilibre après la récolte.