La pollinisation : un service écologique essentiel

Qu’est-ce qu’un service écologique ?

Les écosystèmes sont le cadre de toute vie et de toute activité humaines. Les biens et services qu’ils nous fournissent sont indispensables à la durabilité de notre bien-être, ainsi qu’au développement économique et social futur.

Les bénéfices qu’ils nous fournissent comprennent quatre sortes de services, tous indispensables à la santé et au bien-être humains:

  • Les services d’approvisionnement : ils fournissent les biens eux-mêmes, comme la nourriture, l’eau, le bois et les fibres
  • Les services de régulation : ils régissent le climat et les précipitations, l’eau, les déchets, et la propagation des maladies
  • Les services culturels : ils concernent la beauté, l’inspiration et la récréation qui contribuent à notre bien-être spirituel
  • Les services d’assistance : ils comprennent la formation du sol, la photosynthèse et le recyclage des substances fertilisantes en l’absence desquels il n’y aurait ni croissance ni production

Les scientifiques prévoient que si la population mondiale atteint en 2030 le chiffre de 8 milliards, il pourrait s’ensuivre des pénuries considérables – alimentaires, d’eau et d’énergie. La perte de services écosystémiques naturels nécessiterait  des alternatives coûteuses.

Et la pollinisation dans tout ça?

La pollinisation: un service écologique essentiel

Si nous considérons le service de pollinisation, il est assuré aujourd’hui de trois manières: par les animaux (et plus particulièrement par les insectes, parle alors de zoogamie, au sein de laquelle se distinguent l’entomophilie, l’ornithophylie, et la cheiroptérophylie), par le vent (l’anémophilie) et par l’eau (l’hydrogamie).

De toutes ces méthodes mises en œuvre par les plantes pour se reproduire, la pollinisation par zoogamie est la plus répandue, et l’entomophilie la plus efficace. Pourtant, les animaux n’ont pas conscience de leur rôle dans la dispersion du pollen ou des graines. Avec la disparition des  pollinisateurs, la technique de pollinisation manuelle – utilisée par certains producteurs (cucurbitacées, vanille, orchidées…) et par les jardiniers amateurs – pourrait devenir une norme dans le milieu agricole. Les vergers du Sichuan en sont un exemple préalable. A cause des pesticides, les hyménoptères ont totalement disparu depuis les années 1980, au point que la pollinisation des poiriers doit être effectuée manuellement par les arboriculteurs. Dans d’autres régions, ce fut l’absence de culture apicole qui contribua à la baisse de rendement.

La pollinisation: un service écologique essentiel

Un coût économique invisible

La richesse de la biodiversité est due à l’interaction de ses divers acteurs, et le déclin des uns et des autres, voire leur disparition, pourrait provoquer un déséquilibre irréversible des écosystèmes.
L’Homme a pris conscience qu’il contribuait par ses actions à réduire les espaces de vie des pollinisateurs et qu’il encourrait de ce fait le risque de voir disparaître de nombreuses espèces de plantes, dont une grande partie est destinée à sa consommation et à celle de son bétail.

Ce qu’il n’a pas compris encore, c’est que la nature a mis des millions d’années à mettre en place ce mutualisme fleurs-insectes, et qu’il n’est pas possible par des actions ponctuelles et ciblées telles que la mise en place de jachères floricoles, de tout régler par un coup de baguette magique. Il est nécessaire de développer la sensibilité des décideurs, ainsi que du public, à la valeur économique des biens et services écosystémiques.


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