Connaitre les abeilles

Classification  et morphologie

L’abeille est un insecte de l’ordre des hyménoptères. Elle peut être classée selon son mode de vie : elle est en général sociale, les domestiques nous sont plus familières, il en existe des sauvages. On peut observer des abeilles solitaires aussi. La plupart des abeilles produisent du miel mais il existe des exceptions. abeille

On répertorie de très nombreuses espèces d’abeilles. Elles ont une grande variabilité génétique. Les abeilles domestiques sont du genre Apis. Apis Mellifera est la plus largement répandue à travers le monde. L’abeille endémique Française est l’Apis Mellifera Mellifera dite aussi Abeille noire. On trouve en Corse et sur l’île d’Ouessant des races d’abeilles spécifiques. L’abeille Buckfast, issue du croisement de plusieurs races, est aussi très représentée sur notre territoire.

Leurs cousin(e)s les plus proches sont les bourdons. Viennent ensuite les guêpes et les frelons. L’œil non aguerri les confond souvent, pourtant des caractéristiques très précises, liées à leur morphologie et leur comportement, les distinguent

Le corps de l’abeille est entourée d’une membrane externe de chitine dure – la cuticule – recouverte de poils qui forme un exo-squelette composé de trois parties: la tête, le thorax et l’abdomen. Il est irrigué d’hémolymphe: il s’agit chez les insectes de l’équivalent de la lymphe et du sang chez les invertébrés.

La tête est composée de deux yeux composés, de trois ocelles, de deux antennes et des pièces buccales. Elle porte les principaux organes des sens et renferme un cerveau d’une volume important, ainsi que de nombreuses glandes.

Le thorax porte les éléments locomoteurs de l’abeille: deux paires d’ailes membraneuses et trois paires de pattes. Il comprend des muscles puissants pour les faire fonctionner.

L’abdomen comprend les systèmes respiratoires et digestifs de l’abeille. Chez les femelles, il renferme le système reproducteur et le système vulnérant. Les mâles dits faux-bourdons, ne possèdent pas de dard. Seules les ouvrières et la reine peuvent piquer. Chez l’ouvrière, il  abrite les glandes cirières.

La diversité et la complexité des tâches réalisées par l’abeille supposent un équipement sensoriel riche, qui puisse lui permettre d’apprécier son environnement et de réguler le climat de la colonie. L’abeille utilise cinq sens: le toucher, l’odorat, la gustation, la vision et l’ouïe.

Une vie sociale très structurée

Une colonie d’abeilles mellifères est composée de trois castes, à la morphologie et aux rôles distincts:

  • une Reine unique, qui pond les œufs et assure l’avenir de la colonie,
  • 20 000 à 50 000 ouvrières, qui accomplissent toutes les autres fonctions nécessaires au développement et à la survie de la colonie. Au cours de leur courte vie, elles tiendront plus d’une dizaine de rôles différents,
  • 1000 à 2000 mâles – appelés faux-bourdons, qui ont pour tâche essentielle de féconder les reines.
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La vie au sein de la colonie s’organise sur un rythme saisonnier. En hiver, sans fleurs à butiner alors que le froid sévit, l’essaim vit regroupé au sein de la ruche. Au printemps, quand pollen et nectar abondent, la reine pond, la colonie prend de l’ampleur et produit du miel en quantité.

Butinage et pollinisation

Pour produire du miel afin de nourrir sa colonie, une abeille butineuse doit collecter sur les fleurs du nectar et du pollen. C’est vers l’âge de trois semaines que l’abeille ouvrière commence l’activité de butinage. Il durera entre 4 et 5 jours, à l’issue desquels l’abeille mourra.

La distance parcourue en vol déterminera pour beaucoup sa longévité. En moyenne, une butineuse effectue une dizaine de voyages par jour, mais elle peut en faire plus d’une centaine selon la proximité des fleurs et la facilité de récolte. Son rayon de butinage autour de la ruche est de 3 kms.

La pollinisation est le transport de grains de pollen depuis les anthères d’une fleur jusqu’à ses stigmates. Il s’agit d’un phénomène biologique de transport de particules microscopiques en vue de la fécondation. Abeilles et fleurs sont indissociables. Leurs relations mutuellement bénéfiques permettent la majeure partie de la biodiversité végétale que l’on connaît aujourd’hui. Les abeilles contribuent à la reproduction sexuée  – donc à la survie et à l’évolution – de plus de 80% des espèces de plantes à fleurs, qui sont aussi à l’origine de notre alimentation.

Le saviez-vous ? La valeur économique de la pollinisation a été estimée en 2005 par une étude de l’INRA. Elle pèse 153 milliards d’euros, soit 9,5%  du coût de production alimentaire mondiale à destination de l’homme. Les cultures qui dépendent des pollinisateurs assurent plus d’un tiers, en tonnes, de la production mondiale de nourriture. L’étude a aussi mis en évidence que les cultures les plus dépendantes de la pollinisation par les insectes sont aussi celles qui ont la valeur économique la plus importante.

Protéger l’abeille

En France, depuis une trentaine d’années, les populations d’abeilles diminuent. Le phénomène appelé Syndrome d’Effondrement des Colonies, touche d’autres pays d’Europe, l’Amérique du Nord et l’Asie. Cette surmortalité alarmante s’est accélérée depuis le milieu des années 1990, des ruchers entiers ont été dévastés en quelques années.

Les abeilles

Les causes de ce désastre ? L’usage intensif de produits phytosanitaires, qui intoxique les abeilles. En diminuant leurs défenses immunitaires, il favorise les infections parasitaires dont le redoutable varroa. L’apparition d’un nouveau et terrible prédateur, le frelon asiatique est aussi à déplorer.

Le saviez-vous? La méthode de récolte dite par étouffage de l’essaim n’a été interdite en France qu’à partir de 1942. C’est l’invention de la ruche en bois et de ses hausses qui ont permis progressivement de condamner cette cruelle pratique. Le prélèvement du miel se fait désormais sans sacrifier la colonie et permet de maintenir son équilibre après la récolte.