Ces parfums qui calment les abeilles

Des chercheurs ont trouvé des parfums de fleurs qui réduisent l’agressivité des abeilles Alors. Cependant.Parfums

SCIENCES – Les abeilles seraient moins agressives en présence de certaines molécules contenues dans les fleurs

Par Béatrice COLIN – Publié le 20.01.2016, 20 Minutes Toulouse Parfums

Lorsqu’elles se sentent en danger, les abeilles n’hésitent pas à attaquer et piquer. Ce qui inexorablement les mène à leur perte. Mais lorsqu’elles sont en présence de certaines odeurs florales, elles se radoucissent. Elles adoptent alors l’attitude flower power. Parfums.

Il s’agit d’un changement de comportement découvert grâce à une équipe de chercheurs du Centre de recherches sur la cognition animale. Il a fait l’objet d’une publication dans la revue Nature Communications. En pensant au sentiment de bien-être que peut déclencher chez l’homme l’odeur de l’herbe coupée, que le chercheur Martin Giurfa et l’une de ses collègues se sont interrogés? Qu’est-ce  qui pourrait radoucir les congénères de Maya l’abeille?

Réceptives à deux molécules

L’étude a commencé par une mise en situation. Il a dans un premier temps fallu créer en laboratoire un test prompt à mettre les nerfs de ces insectes en pelote. « Morgane Nouvian a conçu une petite boîte où un leurre entraîné par un moteur déclenche leur agressivité. » Martin Giurfa, le directeur du laboratoire, ajoute. « Elle a ensuite fait entrer des odeurs et a pu tester leur impact »,

Ces parfums qui calment les abeilles

Sur une trentaine de molécules expérimentées, seules deux présentes dans les fleurs ont permis de bloquer la phéromone d’alarme. Ce sont les substances chimiques émises par les abeilles lorsqu’elles estiment qu’il y a un danger. Le Linalol,  le thym ou encore la bergamote, ainsi que le Phényléthanol ont donc la capacité de détourner les abeilles de leur agresseur.
« Ces deux molécules agissent certainement comme des signaux correspondant à la présence de nourriture. Lorsque la colonie a besoin de nourriture, les abeilles préfèrent se tourner vers ces odeurs. Elles ne sont pas des robots stupides, la preuve, cela n’a pas marché avec l’odeur d’herbe coupée. Elle n’a aucune valeur nutritionnelle pour elles », développe Martin Giurfa.

Applications en apiculture

Des résultats menés en laboratoire ont été testés grandeur nature sur les ruches présentes sur le campus de l’université par Lucie Hotier, apicultrice au CNRS. Pour cette passionnée, cette découverte pourrait trouver plusieurs applications.
« Ce serait intéressant de pouvoir pulvériser un produit sur les mains et les vêtements avant d’intervenir sur les ruches pour pouvoir travailler en douceur et éviter qu’elles piquent et meurent », plaide la jeune femme.

Et pourquoi pas développer un diffuseur d’odeurs à l’attention du grand public pour les phobiques des insectes à rayures jaunes et noires?


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