Aménager une ville verte

Les villes et notamment les grandes métropoles mondiales sont pointées du doigt en tant que contributrices majeures des émissions de gazs à effet de serre par la concentration des activités et des flux qui les caractérisent.

Le concept de ville verte cherche à renverser cette vision dominante et à analyser la contribution possible des métropoles à la lutte pour une planète plus durable.

La ville verte est une manière bien spécifique d’envisager la ville durable. Elle consiste à opérer un verdissement multiforme des territoires urbains, qu’il s’agisse de leurs espaces publics ou de leurs bâtiments. Pour se faire le développement d’espaces verts classiques, n’est plus qu’un levier parmi beaucoup d’autres. On verdit désormais les toits, les façades, les trottoirs, jusqu’aux espaces de travail. Le concept d’immeuble vert s’en trouve lui aussi réinventé.

Un immeuble vert, ce n’est plus simplement un bâtiment ayant obtenu un label environnemental (HQE, BREEAM, LEED), c’est également un immeuble qui a su intégrer la végétalisation à des fins de bien-être des occupants, de performance énergétique et de préservation de la biodiversité. Les bénéfices environnementaux de la végétalisation sont nombreux: résorption des îlots de chaleur, désimperméabilisation des sols, dépollution de l’air, amélioration de la biodiversité, contribution aux trames vertes et bleues constituant autant de corridors écologiques. On le voit la végétalisation offre de véritables opportunités de rapprocher les espaces urbanisés et les milieux naturels; d’améliorer leurs échanges et leurs complémentarités.

Face à l’asphyxie croissante des villes, la demande citoyenne de verdissement est de plus en plus forte. Désormais du degré de verdissement des villes dépend leur attractivité. En France, nombre de collectivités locales ont d’ores et déjà élaboré d’ambitieuses stratégies de végétalisation. Paris fait figure de modèle avec son objectif de 100 hectares de toits et de façades végétalisés d’ici 2020. Elle a également mis en place dès 2011 un plan biodiversité. D’autres villes lui ont également emboîté le pas.

Paris, ville verte

A l’échelle mondiale, nombre de villes ont développé des stratégies végétales, tenant compte de leurs problématiques spécifiques. Singapour, New York ou même Montréal ou Toronto mettent à profit leurs toits plats pour développer massivement l’agriculture urbaine. Celle-ci constitue une forme bien spécifique de végétalisation, en promouvant les circuits courts, elle invite à repenser les relations entre les métropoles et leur arrière-pays, tout en étant créatrice d’emploi et d’innovation. L’agriculture urbaine constitue l’exemple même de la manière dont les enjeux environnementaux, sociaux et économiques peuvent se rejoindre dans une activité unique qui a toute sa place dans les villes.

La  ville verte est donc une facette de la ville durable en plein développement, fondée sur une structure et des aménagements  plus poreux à la nature. Si sa mise en oeuvre est l’affaire de tous, on retiendra le rôle croissant des entreprises qui seront à coup sûr de plus en plus sollicitées sur ces sujets dans un avenir proche, du fait de la quantité d’espaces verts qu’elle gère ou qu’elle pourrait créer. C’est pour elles un enjeu de management et de bien-être, d’image et de productivité et d’une manière plus générale de contribution réfléchie à la ville durable, celle qui répond aux ambitions climatiques de la COP 21.

Les ressources mellifères

La plus grande densité de plantes mellifères en ville se trouve dans les parcs et  jardins publics. Viennent ensuite les arbres d’alignement le long des avenues, les cimetières, les parterres municipaux, les balcons et terrasses privés qui constituent un précieux potentiel d’approvisionnement pour les abeilles.

Paris, ville verte

 

Le saviez-vous?

  • Les bois de Boulogne et de Vincennes totalisent une superficie de 1 840 hectares.
  • Les cimetières parisiens sont plantés de plus de 30000 arbres. La majorité sont alignés sur le long des voies de circulation, les autres étant situés à l’intérieur des concessions. Plus des deux tiers des arbres des cimetières sont constitués d’érables, de marronniers, de platanes, de tilleuls et de frênes. Le cimetière du Père Lachaise quant à lui – est le plus grand espace vert de Paris intra-muros (44 hectares) et compte plus de 4 000 arbres.
  • Les principaux arbres des rues de Paris sont les platanes, les marronniers, les tilleuls et les sophoras.
  • Les principaux arbres des parcs et jardins sont les tilleuls, les arbres fruitiers à fleurs, les érables et les marronniers.